L'amitié

Didyme

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Désir de communion

L'amitié Octobre 25. 2007 à 21:06
Posté par Didyme dans L'amitié
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Que désirons-nous vraiment ? Au fur et à mesure que j'essaie d'être à l'écoute de mes désirs les plus profonds et de ceux des autres, le mot qui semble le mieux décrire ces désirs du coeur humain est le mot "communion". Communion signifie "union avec". Dieu nous a donné un coeur qui ne trouvera pas de repos tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas trouvé la véritable communion. Nous la cherchons dans l'amitié, le mariage, la communauté. Nous la cherchons dans l'intimité sexuelle, les moments d'extase, la reconnaissance de nos dons. Nous la cherchons dans le succès, l'admiration, les récompenses. Mais où que nous cherchions, c'est la communion que nous désirons. (...)

Arcabas, Les Noces de Cana

C'est un désir qui vient de Dieu, qui nous occasionne à la fois de nombreuses souffrances et d'immenses joies. Jésus est venu proclamer que notre désir de communion n'est pas vain, mais qu'il sera satisfait par Celui qui l'a mis en nous. Nos moments furtifs de communion ne sont que de faibles aperçus de la communion promise par Dieu. Le véritable danger est de nous méfier de ce désir de communion. Ce désir nous vient de Dieu, sans qui notre vie perd sa vitalité, sans qui notre coeur se refroidit. Nous vivrons de façon vraiment spirituelle seulement lorsque nous aurons trouvé le repos dans l'étreinte de Celui qui est à la fois le Père et la Mère de tous les désirs.

Nous, les êtres humains, souffrons beaucoup. Plusieurs, sinon toutes nos souffrances viennent de nos relations avec ceux et celles qui nous aiment. Je suis toujours conscient que mes angoisses les plus intenses sont causées non pas par les évènements terribles rapportés dans les journaux ou la télévision, mais par mes relations avec ceux et celles qui partagent ma vie quotidienne. Les hommes et les femmes qui m'aiment et qui sont très proches de moi sont aussi ceux qui me blessent. A mesure que nous vieillissons, nous découvrons souvent que l'amour qu'on nous porte n'est pas toujours parfait. Ceux qui nous ont aimés ses sont souvent servis de nous. Ceux qui ont pris soin de nous nous ont aussi enviés. Ceux qui nous ont beaucoup donné attendaient parfois beaucoup en retour. Ceux qui nous ont protégés ont aussi voulu nous posséder à des moments cruciaux. Nous éprouvons souvent l'envie de démêler le pourquoi et le comment de nos blessures, et nous en arrivons trop souvent à la terrible conclusion que l'amour que nous avons reçu n'était pas aussi pur et simple que nous le croyions.

Il est important de nous arrêter pour réfléchir à tout cela, surtout quand nous sommes paralysés par la peur, les inquiétudes et les sombres désirs que nous ne comprenons pas.

Mais il ne suffit pas de comprendre nos blessures. En bout de ligne, nous devons trouver la liberté d'aller au-delà de nos blessures et le courage de pardonner à ceux et celles qui nous ont fait du mal. Le danger qui nous guette est de nous embourber dans la colère et la rancune. Nous nous mettons alors à vivre en "victime" qui se plaignent continuellement des injustices de la vie.

Jésus est venu nous délivrer de ces plaintes autodestructrices. Il dit : "Cessez de vous plaindre, pardonnez à ceux qui vous ont mal aimés, allez au-delà de vos sentiments de rejet, ayez le courage de croire que vous ne tomberez pas dans un abîme de néant mais dans les bras protecteurs de Dieu dont l'amour guérira toutes vos blessures". (...)

Plus je pense aux souffrances humaines de ce monde et à mon désir de les soulager, plus je prends conscience à quel point il est important de ne pas me laisser paralyser par des sentiments d'impuissance et de culpabilité. Il me faut plus que jamais être fidèle à ma vocation : je suis appelé à bien faire les petites choses qui me sont confiées et à goûter la joie et la paix qu'elles m'apportent. Je dois résister à la tentation de laisser les forces des ténèbres m'entraîner vers le désespoir et faire de moi une autre de leurs nombreuses victimes. Je dois garder mon regard fixé sur Jésus et sur ceux qui l'ont suivi, confiant que je saurai suivre pleinement ma mission : être dans le monde un signe d'espérance.

Henri Nouwen, Vivre sa foi au quotidien.

 

De l'idole à l'icône

L'amitié Septembre 8. 2007 à 09:18
Posté par Didyme dans L'amitié
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L'amitié est un défi majeur pour une personne comme moi. Elle est toujours quelque chose de difficile à équilibrer qui suscite des questions. Comment ne pas manger l'autre ? Comment lui laisser toute l'autonomie dont il a besoin pour vivre et s'épanouir ? Comment le laisser maître de sa vie et ne pas dépendre de lui ? Comment être avec lui sans vouloir être tout le temps avec lui ? Comment dialoguer sans qu'il se sente jugé ? Comment parler sans blesser ? Comment rester chaste sans tomber dans un puritanisme froid et qui fait honte à l'incarnation ? Comment entrer en relation avec cette personne qui est un corps mais aussi une âme, un coeur ?

Xavier Thévenot écrit que "La vie affective s'égare et s'aliène si elle vit sous le mode idolâtrique. Elle s'épanouit et libère si elle se vit sous le mode de l'attachement à une icône". C'est une idée intéressante. Car qu'est-ce qu'une idole, et qu'est-ce qu'une icône ? A première vue nous pourrions croire qu'il n'y a pas de différence entre une idole et une icône. Toutes les deux reçoivent un culte, toutes les deux sont des images et entretiennent un rapport avec la beauté. Cela montre sans doute que l'équilibre de la vie affective est particulièrement délicat à trouver.

L'idole est la construction d'un dieu à taille humaine, un dieu qui est sensé répondre aux désirs et aux attentes des hommes, un dieu mis au service des envies et des modes de l'homme, un dieu que l'homme peut contrôler. Un dieu qui certes ne parle pas et ne voit pas comme le dit le psaume, mais enfin un dieu fait à l'image de l'homme, un dieu qui nous ressemble. Un dieu protecteur aussi.

C'est le rêve d'une amitié indéfectible, grande et puissante, par laquelle il suffirait de se laisser porter. C'est le rêve d'une amitié sans frustration qui répondrait totalement à mon désir d'être aimé. Une présence aimante et désirante sans cesse à nos côtés, à la fois mon tout et mon double. C'est le rêve d'une amitié sans surprise car elles sont trop angoissantes. C'est le rêve d'une amitié où l'autre est à mon service. Dans cette amitié, la beauté est séduction.

Chapelle de Berze

Mais autrui résiste aux rôles dans lesquels je tente de le faire entrer. Il se trouve qu'il est radicalement autre et différent de moi. Il n'est jamais la réponse complète et pleinement adaptée à mon désir.

L'icône frappe par sa simplicité au milieu des ors. Elle révèle à nos regards que l'homme est fait à l'image de Dieu.

C'est l'amitié comme prise en compte que l'autre restera insaisissable même quand il se donne, se livre et partage. C'est vivre autrui comme un mystère où nous irons toujours de surprises en découvertes. C'est vivre l'autre comme le sacrement d'une présence, d'une tendresse et d'un amour plus grand : ceux de Dieu Lui-même. C'est voir dans le visage de l'autre le visage de Dieu, déceler dans son coeur l'image du Dieu véritable. C'est une amitié qui laisse l'autre exister, lui permet d'exercer sa liberté. Elle est fondée sur un don mutuel gratuit qui ne s'achète pas. Elle est mise au service des deux amis pour l'épanouissement des deux. Dans cette amitié, la beauté est le reflet de la beauté du plus beau des enfants des hommes.

J'oscillerai sans doute toujours un peu entre idole et icône. Il me faudra toujours réajuster. Mais l'amitié est un défi magnifique à relever. Lorsque l'autre devient un don et une grâce de Dieu, un sacrement de sa présence, elle est une source rafraîchissante où il fait bon de venir se reposer et puiser.

 

 

Une présence lumineuse

L'amitié Août 2. 2007 à 20:24
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Qu'est-ce que nous cherchons les uns dans les autres ? Qu'est-ce que nous aspirons à rencontrer derrière le visage des autres, sinon, justement, cet espace de lumière et d'amour où nous pourrons nous sentir entièrement libres, en communiant avec l'intimité d'autrui, sans violer sa clôture et sans qu'il viole la nôtre ? Il y a là un type d'échanges où ce qui compte uniquement, c'est la lumière de la présence, cette lumière de la présence que l'on atteint en se rendant soi-même présent à l'autre.
Maurice Zundel.

 

C'est de l'amour que nous sommes amoureux

L'amitié Juillet 5. 2007 à 21:00
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Comme la science aboutit à cette rencontre avec l'Esprit, de même que l'art aboutit à cette rencontre avec la beauté, l'amour nous fait la même confidence. Quand nous donnons la main à un ami, ce n'est pas pour prendre sa température, c'est pour communiquer avec l'amour, pour être au-dedans de cet être, pour l'identifier. "C'est de l'amour seulement que nous sommes amoureux", dit Goethe. Ce que nous demandons à cet être que nous aimons ce n'est pas lui, mais c'est cet autre que l'au-delà exprime dans la beauté, que la science cherche sous les espèces de la vérité, et que maintenant l'on voudrait étreindre dans le symbole de l'amour.

Maurice Zundel (1897-1975).

Le profit de l'attirance

L'amitié Juin 13. 2007 à 20:08
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Parmi les souvenirs de Strasbourg cette année : une homélie. L'Evangile du jour était celui où Jésus, en réponse à la question d'un scribe, rappelle les deux commandements de l'amour : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Marc 12, 28-34). Et, plutôt que de nous inviter à aimer Dieu et notre prochain, le prêtre a transformé son homélie en une mise en garde contre les amours qui fagocitent autrui. Quelle déception ! Alors que j'aurais aimé entendre un appel à aimer, j'entendais un "Faites attention à la manière dont vous aimez".

Je suis sorti de la messe en me disant : "Ne valait-il pas mieux inviter à aimer, car c'est ce qui nous est le plus difficile". N'avons-nous pas besoin d'être toujours poussés à l'amour ?

Je suis pourtant bien conscient des difficultés que nous pouvons rencontrer lorsque nous aimons, peut-être spécialement lorsqu'on est homosexuel. Notamment parce qu'il peut y avoir une part liée à la séduction et l'attirance dans notre manière d'aimer nos amis. Pas toujours, mais parfois. Cela peut nous troubler.

Néanmoins, Aelred de Rielvaux parle de l'attirance comme d'un stimulant de notre agir, même si notre agir ne peut se fonder uniquement sur cette attirance.

"Après avoir soigneusement examiné ce qui a été dit à propos des différents sentiments d'attirance, on voit clairement - si je ne me trompe - le profit qu'il faut y chercher. Ce profit, assurément, consiste en ce que nous soyons stimulés par ces sentiments comme par des aiguillons d'amour au désir de ce qu'il faut aimer, que nous maintenions cet amour plus agréablement et donc plus diligemment grâce à la douceur que ces sentiments répandent en nous, que nous pratiquions les actes par lesquels nous tendons vers ce qui a été désiré avec d'autant plus d'élan que c'est avec plus de plaisir, avec d'autant plus de plaisir que c'est avec plus d'ardeur. Le désir, quant à lui, bien qu'il ait à être stimulé par un sentiment d'attirance, doit rarement obéir à celui-ci, ainsi que nous l'avons montré plus haut.

De même, il est fort profitable d'être stimulé à la pratique des oeuvres bonnes et de s'y tenir grâce à un sentiment d'attirance, mais il n'est pas dans l'ordre de régler ces oeuvres conformément à ce sentiment. Il reste donc à dire quelques mots, selon nos moyens, sur la façon de régler ces oeuvres conformément à la raison, car le désir, conforme à la raison, n'est pas soumis aux variations : dans un amour provenant d'un sentiment d'attirance, on ne fait que le ressentir ; dans un amour provenant de la raison, il est mis au compte de la seule volonté" (Aelred de Rielvaux, Le miroir de la charité, III, 73).

L'amitié comme une visitation

L'amitié Mai 30. 2007 à 20:22
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Deux femmes se rencontrent, elles se racontent toutes les deux l'impossible de Dieu. D'un côté Marie qui vient de recevoir l'annonce de l'Ange, de l'autre Elisabeth dont l'époux Zacharie a aussi rencontré l'Ange du Seigneur. D'un côté celle qui fera naître des doutes dans le coeur de Joseph, de l'autre l'épouse de celui qui est revenu un jour muet après son service au Temple, parce qu'il a douté. D'un côté la jeunesse d'une fille qui n'a pas encore connu d'homme, de l'autre la stérilité d'une vieille femme.

La Marie de Nazareth qui s'en va chez Elisabeth, est la fiancée pas encore mariée de Joseph. Jusque là tout va bien. Mais Marie est enceinte de quelqu'un d'autre que Joseph. Voilà un problème important qui bouscule les règles religieuses et sociales. Dans la communauté juive de l'époque, être enceinte sans être mariée, c'était risquer la mort.

Elisabeth, à l'encontre des traditions et du sens commun, prend Marie chez elle sans poser de question, sans porter de jugement.

Joan Chittister écrit : "Plus encore, Elisabeth reconnaît en Marie l'énorme bienfait qui va résulter d'une situation que tout le monde tenait pour une catastrophe. Elisabeth accepte Marie pour ce qu'elle est et voit en elle le bien. Littéralement. Immédiatement".

Elisabeth est un bel exemple d'amitié. L'espérance de la fécondité spirituelle de sa cousine, la certitude que le bien finira par triompher habitent le coeur d'Elisabeth. Elle reçoit comme une amie cette cousine qui enfreint la règle sociale et religieuse, qui transgresse les bornes fixées par la collectivité. Elisabeth semble ne pas voir les différences, ou plutôt elle accepte Marie telle qu'elle est. Elle sait que l'oeuvre de Dieu dépasse l'impossible et les règles.

Accepter l'autre tel qu'il est, est sans doute une des devise de l'amitié. L'amitié permet à chacun d'être lui-même. "Elle ne dresse pas de barrières là où doit prévaloir la vie. Elle n'essaie pas de la changer ou de la modeler pour en faire autre chose que ce qu'elle est. Elle ouvre simplement les bras pour accueillir l'amie fatiguée, elle ouvre son coeur pour écouter la détresse, et son esprit pour percevoir l'invisible. Alors, forte d'une telle acceptation, une personne est libre de grandir et de devenir qui elle est" (Joan Chittister).

Elisabeth porte sur Marie un regard de foi, d'espérance et de charité. Un regard de foi : elle est capable de lire l'oeuvre de Dieu qui s'opère en sa cousine malgré que cela sorte de l'ordinaire ou du permis. Elle peut lire cette oeuvre de Dieu parce qu'elle est capable de lire l'oeuvre de Dieu en elle-même : l'enfant tressaille en son sein lorsque Marie, qui porte Jésus, se présente. Un regard d'espérance : elle voit par avance le Royaume qui vient et qui s'établit parmi nous parce qu'elle croit à l'accomplissement des promesses faites par Dieu. Un regard de charité : elle aime comme Dieu aime, sans juger, ... en aimant.

L'amitié fait grandir

L'amitié Mai 29. 2007 à 20:57
Posté par Didyme dans L'amitié
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Une nouvelle catégorie voit le jour ici : celle qui reprendra des textes parlant de la grandeur de l'amour d'amitié. L'amitié est une chose tellement belle qu'elle mérite, me semble-t-il une catégorie propre. Voici un premier texte :

"Mieux vaut être deux que seul, dit le livre de l'Ecclésiaste. En cas de chute, l'un relève l'autre. Hélas ! celui qui est seul, s'il tombe, n'a personne pour le relever". La formule est simple, profonde : une sentence biblique. Mais la sagesse conventionnelle d'une société extrêmement mobile, foncièrement anonyme, totalement fragmentée affecte de l'ignorer. "Nul n'est irremplaçable", lançons-nous à la légère, sans émotion, dans notre culture de masse. Ces paroles irritent comme du papier de verre l'âme desséchée aussi bien que l'âme aimante. Les personnes blasées qui les prononcent peuvent bien, happées qu'elles sont dans une spirale d'individualisme et de solitude, se donner l'air d'être sages et humbles, ou mêmes saintes, en prenant ce cliché à leur compte. Mais en réalité, le poncif est aussi attristant que fallacieux. Devant la féconde vérité de l'Ecclésiaste, sa vérité mensongère s'évanouit.

Il est une chose, en effet, qui nous rend tous et toutes indispensables. Aussi longtemps qu'il existe quelqu'un dont la vie bat au même rythme que la mienne, je sais au fond de moi-même qu'on a besoin de moi, que je n'ai pas le droit de mourir. Je sais que je suis vraiment irremplaçable, nécessaire à une vie autre que la mienne. Pour cette personne, je suis indispensable. Quels que soient mes propres besoin, l'amour de l'autre a sur moi des droits qui passent avant les miens. Nos amis dépendent de nous. Parlant de la douleur que cause à Lélius la mort de son ami Scipion, Cicéron lui fait dire : "J'ai perdu un ami comme le monde n'en verra jamais plus... [Mais] je n'ai pas l'impression que ce soit Scipion qui ait connu le malheur, c'est moi que le malheur a frappé".

Avoir un ami, c'est admettre qu'une part de la vie de quelqu'un d'autre, que nous avons tenue entre nos mains tendrement et avec confiance, pourrait bien mourir avec nous. D'où vient la douleur que l'on éprouve à la mort d'un être cher sinon de la colère et du sentiment d'abandon que l'on ressent en découvrant avec stupeur qu'une part de nous-même nous a été arrachée ? Le deuil est simplement proportionnel à la joie profonde qui me vient de la connaissance que j'ai d'une autre personne et de ce que je me sois laissé connaître par elle mieux que par toute autre.

En fait, perdre un ami, c'est se trouver replongé dans l'étroitesse du moi. Lieu de larmes et de ténèbres. Lieu angoissant, exigu. Seule l'amitié peut nous sauver de notre petitesse.

Mais, plus précisément, qu'ont à voir avec l'amitié le développement personnel et la croissance spirituelle ? A cette question il existe une réponse longue et une brève. La réponse brève tient en un mot : "tout", si, du moins, nous en croyons les réflexions des philosophes, les observations des sciences humaines, le témoignage de l'histoire et la sagesse de l'Ecclésiaste. La réponse longue, elle, s'articule à la prise de conscience progressive de l'obligation que nous fait l'amitié de vivre le mieux possible. Une fois que l'on a découvert que cette forme d'amour, bien loin de rétrécir la vie, double nos vies, on est tenu de vivre de telle sorte que l'autre, qui marche en se guidant sur la flamme qui nous anime autant que sur sa propre lumière intérieure, n'aille pas s'égarer parce qu'on néglige d'éclairer la route. L'amour d'un ami arrive toujours une lanterne à la main.

Quand je parle d'amour, je ne parle pas de passion encore que, d'une certaine façon, la passion vienne dynamiser et tonifier une relation sainte et profonde. J'appelle amour le mouvement vers l'autre, l'inclination réciproque qui unit les âmes, ouvre les coeurs, dilate les esprit, sans pour autant rien exiger. L'amitié nous rend accessible à l'affection et à la sagesse de l'autre. Dans l'amour d'amitié, aucune question, aucune pensée, aucune inquiétude n'est retenue. L'amitié nous fait pénétrer en des lieux où nous ne sommes jamais allés auparavant et où nous ne saurions aller seuls.

L'amitié n'est pas toujours sublime, mais même ordinaire elle ne s'épanouit jamais sans nous faire un peu grandir.

Joan Chittister.

 

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"J'ai mis mon arc dans la nuée pour qu'il devienne un signe d'alliance entre moi et la terre... entre moi et toute chair qui est sur la terre" (Genèse 9). 

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"N'aie pas peur. Tu te trouves au fond de l'abîme. N'omets pas, au fond de cet abîme, de crier vers le Seigneur et de lui dire : 'Si tu considères nos fautes, qui donc subsistera ?' (Ps 129, 3). Fixe les yeux sur le Seigneur, attends-le, persévère dans ton attente. Espère que tu ressusciteras, et qu'alors tu seras sans péché, parce qu'il est ressuscité le premier, celui qui est sans péché. Espère et dis : 'Dans le Seigneur, surabondante est la miséricorde' (Ps 129, 7)"   

- Saint Augustin -

 

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Commentaires

Didyme à propos Acharnement contre l'Eglise ?
sam, 27.03.2010 20:06
Comme toi Etienne je pense qu'un effort important doit être fait en communication. Notamment en évitant l'hypocrisie. [...]


Etienne à propos Acharnement contre l'Eglise ?
mer, 24.03.2010 14:25
Justement, l'Église - ou bien des hommes d'Église - pensent détenir la vérité et avoir réponse à tout, en [...]


François REALITY à propos Le mot de la fin
dim, 31.08.2008 22:43
Bravo et merci pour ces belles années passées avec ton blog. Merci aussi pour cette si belle citation de François [...]


Jean-Marc à propos Le mot de la fin
mer, 20.08.2008 23:22
Merci Didyme, pour ton coeur ouvert et la profondeur de ce que tu as partagé ici sur ce blog. J'ai pu saisir combien ta [...]


Dieu d'amour, transforme-nous par ton Esprit d'amour. Ceux que tu nourris d'un même pain, tiens-les dans le souffle de ton Esprit, qu'un parfait amour de charité les saisisse et les renouvelle, pour que leurs pensées deviennent tes pensées. Que ton Eglise devienne de plus en plus ce peuple saint qui tient son unité de toi qui es Père, Fils et Esprit, pour être au milieu du monde le signe de ta sainteté et le ferment d'un plus grand amour entre tous, pour être ce lieu où ton Evangile ne cesse de retentir, affrontant la contradiction, Bonne Nouvelle pour tous. Donne à tes enfants assez de foi pour tenir bon et ne pas déserter, pour témoigner de toi envers et contre tout devant les hommes en prenant appui sur ta Parole.

"Nous ne sommes pas la somme de nos faiblesses et de nos échecs : au contraire, nous sommes la somme de l'amour du Père pour nous et de notre capacité réelle à devenir l'image de son Fils" - Jean-Paul II, Homélie à la XVIIe Journée Mondiale de la Jeunesse 2002 -

 

 

Baudouin
Mère Teresa
Pourquoi Jésus dit-il : "J'ai soif"? Qu'est-ce que cela signifie ? Quelque chose de tellement difficile à expliquer avec des mots... En disant "J'ai soif", Jésus dit quelque chose de beaucoup plus profond que simplement "Je vous aime". Tant que vous ne savez pas tout au fond de vous que Jésus à soif de vous - vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'Il veut être pour vous. Ni de qui Il veut que vous soyez pour Lui.
- Mère Teresa -
(25 mars 1993)

 

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L'Amour m'a souhaité la bienvenue ; mais mon âme s'est rétractée, dans la honte de la poussière et du péché. Mais l'Amour qui sait tout, voyant que je me relâchais, depuis que j'étais en ce lieu, s'approcha de moi, en me demandant tendrement si je manquais de quelque chose.

J'ai répondu : "Un invité, digne d'être en ce lieu". L'Amour m'a dit : "Tu seras cet homme là". Moi, l'ingrat, le méchant ? Ah, mon Amour, je ne peux te regarder. L'Amour m'a pris la main et, en souriant, m'a répondu : "Qui a créé les yeux, si ce n'est moi ?". C'est vrai, mon Seigneur, mais je les ai abîmés. Que ma honte aille là où elle doit aller.

"Et ne sais-tu pas, me dit l'Amour, qui a porté le poids de l'accusation ? Mon Amour.  Alors c'est moi qui serai le serviteur". Assieds-toi, me dit l'Amour, et goûte ma nourriture ; Et je me suis assis, et j'ai mangé.

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Edith Stein

Saint Augustin

"De toutes mes forces, celles que tu m'as données, je T'ai cherché, désirant voir ce que j'ai cru. Et j'ai lutté, et j'ai souffert. Mon Dieu, mon Seigneur, mon unique espoir, accorde-moi de n'être jamais las de te chercher, qu'avec passion sans cesse je cherche ton visage. Toi qui m'as donné de Te trouver, donne-moi le courage de te chercher et d'espérer Te trouver toujours davantage. Devant Toi ma solidité : garde-la. Devant Toi ma fragilité : guéris-la. Devant Toi tout ce que je sais, tout ce que j'ignore. Par là où Tu m'as ouvert, j'entre : accueille-moi. De là où Tu m'as fermé, j'appelle : ouvre-moi. Accorde-moi de ne pas T'oublier, accorde-moi de Te comprendre. Mon Dieu, mon Seigneur, accorde-moi de t'aimer" - Saint Augustin, Traité de la Trinité XV -

Saint Bernard

"Pour le Verbe, dire à l'âme : 'Tu es belle', et l'appeler 'amie', c'est faire sourdre en elle l'amour dont elle puisse l'aimer et l'audace de se croire aimée de lui. Pour l'âme, nommer le Verbe 'bien aimé' et le proclamer 'beau', c'est lui attribuer sans feinte et sans mensonge le fait qu'elle aime et est aimée ; c'est aussi admirer la complaisance du Verbe et s'émerveiller de sa grâce. Car la beauté du Verbe, C'est son amour, d'autant plus grand qu'il prend l'initiative. Aussi, avec le coeur de son coeur et la voix de ses sentiments intimes, l'âme le proclame digne d'être aimé d'elle, d'autant plus intensément et ardemment qu'elle a senti l'amour du Verbe avant de pouvoir l'aimer à son tour" - Bernard de Clairvaux -

Pier Giorgio Frassati

Saint Fabien

 

 

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