La fin approche
Voilà c'est fait, c'était une décision difficile à prendre, mais je suis heureux de l'avoir prise : le 15 août prochain, ce blog cessera d'exister. Pourquoi ? Simplement parce qu'aujourd'hui ce blog ne correspond plus à celui que je suis devenu.
J'ai eu le besoin de dire mon homosexualité, de mettre des mots dessus, de tenter de mieux la comprendre, de l'accepter, de la faire mienne. J'ai éprouver le besoin aussi de rencontrer d'autres personnes homosexuelles, peut-être pour voir comment moi j'allais pouvoir vivre cette homosexualité, discerner ce que j'ai envie de bâtir avec la pierre que je suis. Mais voilà, je passe maintenant à une autre étape : celle où l'homosexualité qui est mienne n'est plus quelque chose que j'ai besoin d'affirmer, ni quelque chose que je cherche encore à comprendre, ni quelque chose dont je chercherais la clef. Elle est là, mais elle est devenue secondaire. Mon identité est au-delà d'elle.
Ces moments partagés avec vous ont été une source de joie, une source de contemplation du visage du Bien-Aimé Jésus. Car c'est bien ce que que j'ai découvert dans l'homosexualité : un visage qui m'attend. Je rends grâce pour tout ce qu'il m'a été donné de vivre à vos côtés et de comprendre. Je rends grâce aussi pour ce que Dieu a pu tirer de mes pauvres écrits, et je demande pardon à tous ceux qui en venant ici ont été déçu par ce qu'ils ont trouvé.
Je remercie déjà aussi Crocki et Mathieu qui ces derniers mois m'ont admirablement secondé dans la rédaction de ce blog. C'était une expérience enrichissante. Trois voix qui se font entendre, trois voix différentes, mais trois voix amicales, c'est un cadeau.
75 jours, voilà ce qu'il nous reste à Crocki, Mathieu et moi, pour terminer en beauté ce blog. Je ne quitte pas la toile, puisque hier j'ai mis en place un nouveau blog. Il ne parlera pas d'homosexualité (certains diront que celui-ci n'en a jamais parlé non plus !), mais il parlera de ce visage qui m'attend.
Visitation
Deux femmes se rencontrent, deux cousines, deux membres de la même famille, même si tout semble les opposer. L'une est jeune, l'autre âgée, l'une est une vierge, l'autre une femme stérile. Leur unique point commun semble être cette appartenance à une même famille et... le fait qu'elles sont enceintes toutes deux.
L'une semble personnifier par son âge l'Ancienne Alliance tandis que l'autre annonce par sa jeunesse une Alliance Nouvelle. Elisabeth apparaît comme une personnification de l'Alliance Ancienne qui semble ne plus pouvoir porter de fruit, être arrivée à bout de course. C'est le côté de la présence calfeutrée de Dieu dans le Saint-des-Saints, du culte ancien et distant d'un Dieu qui est tout autre et qui ne se mélange pas aux hommes mais continue à les regarder un peu de haut, d'un Dieu chez qui il n'est permis d'entrer qu'une fois par an, de la Loi et des préceptes. Marie est l'annonce d'une Alliance Nouvelle où Dieu vient rejoindre et habiter notre humanité, où il n'y aura plus besoin de Temple parce que Dieu fera sa demeure dans le coeur de chacun, sera toujours accessible parce que toujours en train de se donner à nous. Une Alliance Nouvelle où la Loi est inscrite dans le coeur de l'homme : "Tu aimeras Dieu et tu aimeras ton prochain comme toi-même".
Elles sont de la même famille, c'est dire qu'on ne saurait opposer les deux alliances. L'Ancienne prépare la Nouvelle, comme un Jean-Baptiste qui annonce l'Agneau de Dieu qui vient. La Nouvelle seconde l'Ancienne, comme Marie qui reste trois mois auprès d'Elisabeth pour l'aider dans sa grossesse. L'une et l'autre sont intimement liées.
Démission
Le 4 juin prochain, le Cardinal Danneels fêtera ses 75 ans. A cette occasion il présentera sa démission au Pape comme le prévoit le Droit Canon. Dans une interview donnée aux journalistes, voici comment l'archevêque de Malines-Bruxelles revient sur son itinéraire :
Je n'ai rien planifié. Tout s'est présenté à moi. Ma vocation n'était pas un choix. Je suis né comme ça. Lorsque je suis allé au séminaire, je ne suis pas allé à Bruges comme je le voulais, mais j'ai été envoyé à Louvain. Je n'ai pas choisi de devenir le directeur spirituel du séminaire, et ce n'était pas mon choix non plus d'aller à Malines-Bruxelles. Je n'ai pas demandé à devenir pape non plus. C'est la seule chose que l'on ne m'a pas obligé à faire.

Présence eucharistique
Dimanche dernier avec un ami, nous sommes allés à une Procession du Saint-Sacrement en Wallonie profonde. La procession nous a déçus par son manque de dignité, le manque d'égard pour le Saint-Sacrement.
Et voilà, et c'est une manière parfois par laquelle Dieu nous interpelle, que dimanche soir arrive dans ma boîte mail la prière hebdomadaire de Devenir Un en Christ, et par le choix fait par Bruno, un texte de Maurice Zundel sur l'Eucharistie. J'apprécie beaucoup Maurice Zundel. C'est un auteur dont j'ai entendu parlé pour la première fois à Aix-en-Provence il y a une quinzaine d'années. Depuis j'ai lu et relu ses livres. Paul VI voyait en lui un ami et un grand homme et il lui avait demandé de prêcher une retraite de carême pour la Curie. Mais c'était aussi un homme qui dérangeait par sa manière neuve de dire certaines choses, et son évêque suisse ne l'avait d'ailleurs pas supporté quelque temps auparavant.
Le texte choisi par Bruno m'a tout d'abord choqué, ensuite interpellé. Au début je me suis dit que je n'étais pas d'accord avec ce qu'il disait. Le voici :
L'Eucharistie, c'est peut-être là que les chrétiens se sont le plus profondément mépris, là qu'ils ont cédé à la tentation si naturelle de mettre le sacré en dehors d'eux-mêmes, de rebâtir un temple de pierres, de reconstruire un tabernacle de métal précieux et d'y enfermer Dieu comme un objet en s'inclinant devant cet objet devenu extérieur à eux-mêmes, en fermant la porte avec des grilles d'or et en retournant à leurs affaires en laissant la sainteté enfermée dans le Temple !Oh, que cette tentation est grave et comme nous y avons tous succombé ! Nous n'avons pas vu que nous tournions le dos à l'Evangile et que ce n'était pas du tout cela que Jésus a voulu.
L'Eucharistie, ah oui ! Ce n'est pas la conservation magique d'une présence matérialisée, c'est l'offrande infiniment réelle d'une Présence universelle et qu'on ne peut joindre qu'en nous faisant nous mêmes universels : aussi l'Eucharistie, qui rassemble toute l'Eglise, l'Eucharistie qui est le lieu éminent de la Charité, est-elle une exigence formidable.
Car l'Eucharistie suppose que nous soyons prêts à tous les dépouillements, à toutes les humilités, à tous les pardons qu'entraîne notre rencontre avec l'Homme-Dieu.
Nous sommes donc souvent devant un Dieu qui est un décret-loi : la croyance est un décret-loi, les sacrements sont une magie qu'il faut observer pour être ne règle... et la morale elle-même, c'est encore une magie : il faut passer par une formule...
N'avons-nous pas omis l'essentiel, à savoir que Dieu est amour et que l'Amour n'a de prise que sur l'amour ?
Il nous faut donc resituer l'Eucharistie... dans la perspective évangélique qui s'impose à nous dans les derniers entretiens du Seigneur avec ses disciples.
La dernière consigne qui retentit en toute les pages du récit johannique, c'est que "vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés" et cette consigne est aussi le critère qui fait reconnaître les disciples de Jésus...
ArcabasEt pour donner une leçon de choses à ses disciples, Jésus leur lave les pieds, "voilà ce que c'est que d'aimer son prochain : ce que j'ai fait, c'est afin que vous le fassiez vous-mêmes les uns aux autres". Aussi curieux que cela paraisse, l'Eucharistie semble avoir disparu, elle n'est même pas nommée en cet endroit : pourquoi ? Parce qu'elle est implicitement contenue dans ce lavement des pieds. Elle est implicitement contenue et dans le lavement des pieds et dans la consigne du Seigneur : "Aimez-vous les uns les autres", parce que c'est exactement la même chose.
Maurice Zundel.
Ce soir j'ai voulu partager ce texte avec l'ami qui m'accompagnait à la procession. Et j'ajoutais ce commentaire :
"Après coup je me suis dit que la Présence Réelle devait effectivement être honorée et aimée, mais que cette Présence est une présence toute simple à nos côtés. C'est la présence non pas tant d'un Souverain, que celle d'un compagnon de route comme à Emmaüs, d'un Serviteur comme au lavement des pieds, d'un Roi sans doute, mais monté sur un ânon. Jésus a toujours refusé les honneurs dus à un Souverain. A mon avis, aujourd'hui, s'il faut de la dignité, quelque chose de beau, il doit préférer la simplicité encore et toujours. L'aurions-nous reconnu sur les chemins il y a deux mille ans ? Se promenait-il avec son auréole sous le bras ? Une seule chose devait le rendre visible : la qualité de sa présence, la qualité de son regard amoureux sur les hommes et les femmes qu'il croisait, la qualité de ses gestes de compassion et d'amour. A mon avis, quand il est au milieu de nous aujourd'hui, il doit avoir cette même simplicité et cette même présence".
Lorsque le Créateur devient grain de blé
Le Créateur, Seigneur de toute chose, s'est fait grain de blé semé sur terre, dans le sillon de l'histoire humaine. Il s'est fait pain pour être rompu, partagé et mangé. Pour nous donner la vie, sa vie divine, il s'est fait notre nourriture.
L'Eucharistie est une école de charité et de solidarité. Qui se nourrit du Pain christique ne peut rester indifférent à qui manque du pain quotidien. Trop de parents réussissent à peine à en trouver pour leurs enfants et pour eux-mêmes. La communauté internationale a de plus en plus de mal à faire face à ce grave problème. Non seulement l'Eglise prie pour recevoir le pain de chaque jour, mais à l'exemple du Seigneur elle s'emploie par tous les moyens à multiplier pains et poissons par le biais d'initiatives de promotion sociale et caritative, afin que personne ne manque du nécessaire pour vivre.
Benoît XVI, Rome, 25 mai 2008.

Reste avec moi
Dieu a tout créé pour la vie
Dieu est un en ce qu'il est tout et tout amour; mais puisqu'il est amour, il est ouverture, accueil, dialogue. Et dans sa relation avec nous, hommes pécheurs, il est miséricordieux, compassion, grâce, pardon. Dieu a tout créé pour l'existence et sa volonté est toujours et seulement la vie.
Benoît XVI, Savone 17 mai 2008.
Dieu a tant aimé le monde
L'Evangile de ce dimanche de la Sainte-Trinité nous donnera à méditer une parole très belle, ce qui habite le coeur de Dieu, son projet, qui n'est pas de condamner le monde, mais de le sauver.
Car Dieu a tant aimé le monde
qu'il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais ait la vie éternelle.
Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde
pour juger le monde,
mais pour que le monde soit sauvé par lui.
Jean 3, 16-17.
C'est d'un Dieu de vie dont nous sommes les témoins, dont nous faisons la rencontre et qui vient transformer nos coeurs. Qui aurait pu imaginer que Dieu donnerait son Fils Unique pour nous sauver ? Qui aurait pu prévoir que Dieu nous aime à ce point ? Qui aurait pu imaginer que le Coeur de Dieu avait un faible pour les pécheurs que nous sommes ?
C'est bien ce que nous proclamons : ce que le coeur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu (1 Co 2).
Quelle crainte de Dieu pourrions-nous donc encore garder si Dieu nous a manifesté son amour à ce point ? Ouvrons nos coeurs, c'est quelqu'un qui nous aime qui veut entrer. Ouvrons nos vies, c'est quelqu'un qui veut notre vie et non notre mort qui désire entrer. Ouvrons notre affectivité, notre sexualité, nos désirs, ce n'est pas un juge mais un Sauveur qui vient.
Le temps de l'Esprit et de l'Eglise
Voici le temps ordinaire. Nous étions si bien dans ces jours de Pâques que nous aurions aimé y camper un peu plus longtemps. Mais voilà que dimanche l'Esprit, violent coup de vent, a ouvert les portes de notre cénacle et appelé à partir en mission pour annoncer la Bonne Nouvelle et faire des disciples. Ce temps ordinaire, loin d'être banal, est le temps de l'Esprit, le temps de la grâce, le temps de l'Eglise aussi qui élargit sa tente devant les enfants que l'Esprit lui donne.

Hier, nous fêtions Matthias, l'homme associé au collège des apôtres pour remplacer Judas. La lecture des vêpres nous offrait une belle image de cette Eglise, structurée pour avancer, pour que se construise le corps du Christ. L'Eglise serait-elle un don de Dieu ?
Les dons que le Christ a fait aux hommes, ce sont d'abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Evangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ. Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l'unité dans la foi et à la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l'état de l'Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ.
Ephésiens 4, 11-13.
Renouvelle l'Eglise à mesure où tu me renouvelles
Un premier dans la tourmente
Le gouvernement de Monsieur Yves Leterme inauguré à Pâques pourrait bien ne pas survivre à la Pentecôte. Près de cinquante jours après son installation, le premier ministre Yves Leterme est rattrapé par les problèmes communautaires. Les partis flamands comptent en effet demander ce soir l'inscription, à l'ordre du jour des débats de la Chambre (parlement), de la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. La scission de cet arrondissement amènerait la fin des facilités octroyées aux francophones dans la périphérie flamande de Bruxelles.
Reconnaissance au Laus
Dimanche dernier, Monseigneur Di Falco, évêque de Gap et Embrun, a rendu publique le décret de reconnaissance des apparitions de la Vierge Marie à Benoîte Rencurel au hameau du Laus.
La première apparition eu lieu en mai 1664, lorsque Marie est apparue à une bergère âgée de 17 ans. Et les apparitions ont duré pendant 54 ans. La particularité des apparitions du Laus, c'est qu'il n'y avait pas d'extase. L'apparition venait dans la vie quotidienne. Benoîte ne saura jamais ni lire ni écrire, et pourtant, on viendra de loin pour chercher auprès d'elle un conseil. On raconte aussi qu'elle savait lire dans les coeurs.
J'ai aimé cet endroit pour sa simplicité. J'ai eu la joie de m'y rendre dans les années 90. Je me souviens avoir ramené un peu de l'huile du sanctuaire.

Le merle et l'hirondelle
Il est une abbaye dans le sud de la France où chaque année des hirondelles viennent nicher au dessus de la porte du cloître, sur l'un des bras de la croix qui orne le mur. Et je soupçonne Mère Abbesse d'être l'alliée de ces oiseaux que personne ne déloge. Car curieusement ces hirondelles ont choisi une abbaye bénédictine dont elles semblent porter l'habit.
Quand je retrouve ce nid, j'entends le psaume qui chante "L'hirondelle elle-même c'est trouvée un nid pour sa couvée" (Psaume 84).
J'ai repensé à ces hirondelles dimanche dernier. Je me trouvais dans une abbaye et me promenais dans le jardin intérieur lorsqu'un merle a attiré mon regard. Il cherchait pitance, et ma présence ne semblait l'effrayer en rien. J'ai alors découvert un beau nid sur la gouttière du cloître, un nid rempli d'oisillons bien sages. Voilà donc ce qui poussait ce merle à s'activer à la recherche de vers. Je contemplais longuement cette merveille de la nature. Et le psaume naturellement est revenu.
J'ai demandé une chose au Seigneur
Dimanche, mais aussi durant cette semaine, les psaumes parlent d'une maison.
J'ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie.Psaume 26
Pour ceux que Dieu appelle à la vie religieuse, ce psaume a un goût particulier, une saveur. En leurs bouches la demande d'habiter la maison du Seigneur tous les jours de la vie prend un sens précis : c'est la seule chose qu'ils désirent, tous les jours de leur vie. Ils veulent être des chercheurs de Dieu pour le monde, de ceux qui contemplent sa Face, des guetteurs, des veilleurs, ses intimes aussi.
Je ne sais pour quelle raison, la traduction liturgique oublie un bout : "savourer la douceur du Seigneur, rechercher son palais". Pourtant quel beau morceau manquant !
Il me semble que la maison c'est aussi cette Jérusalem céleste qui descend du ciel, dont les douze portes sont ouvertes pour l'humanité, où chacun peut trouver la demeure que Dieu lui a préparée et où Dieu sera tout en tous. Voilà notre avenir, notre espérance.
Dieu donne à l'isolé le séjour d'une maison, il ouvre aux captifs la porte du bonheur.
Psaume 68, 7
La maison, c'est aussi l'Eglise. C'est une maison où nous ne sommes pas seuls, où le reste de la famille habite aussi. Il y a le père, la mère, le frère ou la soeur, la belle-mère et le cousin. Vivre ensemble en Eglise n'est pas une mince affaire ! Certains jours il serait plus facile de vivre seul et de faire comme nous le voulons, de vivre Dieu à notre mesure. Pourtant voilà la famille où Dieu nous place.
Ta famille trouva un séjour, celui-là qu'en ta bonté, ô Dieu, tu préparais au pauvre.
Psaume 68, 10
Ensuite, la maison c'est aussi celle de notre coeur. Ce coeur à la porte duquel Dieu frappe, ce coeur où il veut entrer pour manger avec nous, partager le quotidien, demeurer en nous. Et bien souvent nous vivons à la périphérie de notre coeur, nous ne l'habitons pas vraiment. Nous sommes distraits par mille et unes choses, nous croyons devoir trouver Dieu au loin, alors qu'il est là, tout proche, Dieu-avec-nous, Dieu-en-nous.
Liturgie providentielle
La liturgie a souvent quelque chose de très providentiel. Je suis quelqu'un d'un tempérament trop inquiet, et un évènement lundi soir avait encore réussi à semer en moi le trouble de l'anxiété. La nuit avait été éprouvante et la journée de mardi avait été très difficile à vivre.
Mais voilà que mardi soir, priant les vêpres, le répond de la lecture me saute aux yeux :
Jésus dit aux disciples : La paix soit avec vous !
Alléluia, alléluia.
Avance ton doigt, mets ta main dans mon côté.
Alléluia, alléluia.
Voilà que tout d'un coup je perçois une autre compréhension de l'apparition de Jésus à Thomas. Jésus vient rassurer, en offrant sa paix et en proposant aussi à Thomas de toucher le concret de son amour pour lui, et de s'appuyer dessus.
Que puis-je encore craindre lorsque je m'entends dire : "Paix à toi !" ?
Comment puis-je encore douter lorsque je suis invité : "Avance ton doigt, mets ta main dans mon côté" ?
C'est Jésus qui me dit : Dans ce que tu vis ma bénédiction et ma paix t'accompagnent. Prends appui sur mon amour pour toi, qui est réel et concret. Ne crains pas. Cet amour pour toi rien ne pourra le balayer. Il est le fondement de ta vie, ce sur quoi tu peux construire, ce sur quoi tu peux t'appuyer solidement quand le temps n'est pas au beau fixe.
D'autres textes sont venus m'apaiser. Notamment ce jeudi matin avec la phrase de la première lecture : "Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité" (Actes 1, 7). C'est bien de le réentendre quand on est un peu pressé de voir les choses se réaliser, s'accomplir.
Ou mercredi soir lorsque le texte de Paul aux Ephésiens rappelait l'importance de la fidélité à l'appel reçu de Dieu. Cela fait du bien de le réentendre quand le découragement nous tenaille, nous fait douter de tout et dire "A quoi bon ?"
La liturgie est ainsi pour moi une table où je trouve toujours une nourriture abondante, savoureuse, perspicace, adaptée, et providentielle.






















