Acharnement contre l'Eglise ?
L'Eglise est secouée ces dernière semaines par quelques affaires peu reluisantes. Certains se plaignent d'un acharnement contre l'Eglise. Ah le méchant monde avec ses méchants journalistes à la solde de méchants politiciens. Pour ma part, j'avoue ne pas partager cette opinion d'un acharnement général contre l'Eglise. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'acharnement ici ou là.
Le monde nous dit : "Vous purifiez l'extérieur de la coupe
et de l'assiette, mais l'intérieur est rempli de cupidité et
d'intempérance ! Vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux : à l'extérieur ils ont belle apparence, mais l'intérieur est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures" (Mtt 23). Pourquoi le monde nous traite-t-il ainsi, avec autant de liberté ?
Nous sommes habitués à entendre l'Eglise critiquer le monde. Comme si pour exister elle devait se situer en opposition au monde, pour distinguer le bon du mauvais, le bon grain de l'ivraie, le saint du pécheur, le pur de l'impur. Mais nous oublions que c'est l'esprit du monde que nous devons combattre, et que cet esprit du monde est autant présent dans le monde que dans l'Eglise. Le monde nous renvoie donc quelque chose du style : "Plutôt que de faire la morale aux autres, balayez devant votre porte. Montrez l'exemple !" Sachons y entendre un appel du Christ à une conversion.
On peut se plaindre du manque de respect du monde pour la Mère-Eglise et ses pasteurs. L'Eglise a perdu de son aura, comme toute les autorités. Pour ma part je pense que c'est un bien. Peut-être passons-nous d'une obéissance servile et infantile à un rapport adulte à l'autorité. Et nous serions pour le moment dans un rapport adolescent à l'autorité. L'adolescent cherche et repère les failles de ses parents et remet en question leur autorité en raison de ces failles. Il faut passer par là pour arriver à un rapport d'adulte à l'autorité. Quel est ce rapport d'adulte à l'autorité ? C'est quand le rapport se vit dans le dialogue et qu'aucune des deux parties n'essaie de se faire passer pour meilleure que l'autre ou comme ayant la solution à tout.
L'envie me démange parfois...
Le mot de la fin
Voilà ! C'est le temps de nous dire "Au revoir !", je tourne la page de ce blog pour y écrire le mot FIN. A chacun je souhaite de faire bonne route dans la vie, d'avoir de grands désirs même s'il est parfois douloureux de les porter, d'espérer même quand il semble qu'à vues humaines il est idiot d'espérer, de croire même si parfois Dieu semble loin, d'aimer même si nous sommes en colère.
Prenez le chemin de l'Evangile. N'attendez pas des autres qu'ils le vivent à votre place. C'est un chemin radical, ce n'est pas une partie de plaisir, même s'il est source d'une grande joie.
Aimer dans l'Evangile est synonyme de mourir à soi-même, de donner sa vie. C'est une invitation à ne pas regarder notre nombril, nos petits problèmes à nous (et peut-être pas les grands non plus !), à ne pas nous inquiéter de nous-même mais d'autrui. Je pense que c'est François d'Assise qui disait : "Que je ne cherche pas tant à être aimé, qu'à aimer. Que je ne cherche pas temps à être consolé, qu'à consoler !". Voilà un beau programme !
Je me confie à votre prière et vous assure de la mienne. Puissiez-vous en contemplant le visage du Christ bien-aimé, découvrir qu'il pose un regard de tendresse sur vous.
Bonne fête de l'Assomption à chacune et chacun !

Quelques chiffres
Ce blog Didyme, qui est le deuxième portant ce nom, a été créé le 1er septembre 2006. En 26 mois, il a accueilli 319 000 visiteurs. 450 billets ont été rédigés, dont 381 par moi Didyme, 22 billets par Crocki, et 47 par Mathieu. Cela a supposé l'utilisation de 871 images. Vous avez postés ici 500 commentaires.
Jamais je n'aurais pu imaginer une telle aventure !
Merci !
Comme annoncé, à partir du 15 août, ce blog cessera d'être alimenté. Voilà une belle aventure qui se termine. Je l'avais commencée en 2005. Cela fait un bon nombre d'articles, un bon nombre de commentaires aussi. Ce fut un joie de pouvoir dialoguer avec vous. Je remercie encore une fois Crocki et Mathieu qui m'ont secondé les derniers temps.

Dernièrement un ami m'a invité à collecter chacun des articles écrits dans les deux blogs Didyme, de les remettre en forme, pour ne pas perdre ce qui a été fait, et pour le partager peut-être autrement. En les collectant, je relis les articles. Cela me permet de voir le chemin parcouru durant ces trois années, mais aussi de voir les idées qui étaient présentent dès le début et qui sont restées : ainsi le thème du Visage du Christ qui revient souvent.
Mercredi, je me rendrai à Lourdes pour quelques jours. Je suis heureux de retrouver ce lieu, dix ans après mon dernier pèlerinage. J'y vais le coeur rempli d'action de grâce pour tout ce qui m'a été donné de vivre ces dernières années, pour ce chemin parcouru, parfois difficilement, parfois légèrement. Et puis je confierai tout ce qu'il me reste encore à vivre ! Ce n'est pas encore la fin du chemin ! Ce n'est qu'une étape. J'en profiterai pour vous emporter avec moi, vous tous qui êtes passés par ici, peut-être en restant silencieux, parfois en mettant ici ou là un commentaire. Merci pour votre fidélité.
Seigneur, merci pour les rencontres que ce blog a permis.
Je te confie chacun des lecteurs et lectrices.
Manifeste ton amour en chacun d'eux !
Prélude à la fête
Ce 21 juillet, c'est la Fête Nationale en Belgique. Une fête tintée encore une fois de doute quant à la possibilité de vivre ensemble entre francophones et flamands.
Hier soir en prélude à la fête a été donné un concert de musique classique, en présence de la famille royale. Un bon moment auquel j'ai pu prendre part et qui m'a donné l'occasion à la sortie de saluer quelques membres de cette famille qui est un peu la famille de tous les belges.
A chacun, bonne Fête Nationale !

Les conseils de Didyme
L'autre jour j'ai revu un ami prêtre que je n'avais pas vu depuis trois ans. Nous en avions des choses à nous raconter ! En lui partageant les changements qui se sont opérés en moi à propos de l'homosexualité, de ma manière de l'accepter, de la comprendre et de la vivre, il m'a demandé comment cela avait pu se produire, ce qui m'avait aidé. Je n'ai pas de recette toute faite. Mais il y pourtant quelques points auxquels je crois et que j'aimerais partager comme un chemin qui s'ouvre pour ceux qui le désirent.
1. Cherche Dieu et apprend à le trouver en toi. Ne le cherche pas au-dessus de l'homosexualité ou à côté. Cherche-le tel que tu es, sans te hausser sur la pointe des pieds. Tu verras alors que l'homosexualité n'est pas un empêchement pour aimer Dieu et être aimé de Lui, mais qu'elle est un chemin qu'il prend pour te rejoindre, qu'elle te donne une certaine ouverture à la vie spirituelle.
2. Contemple ce Visage qui pose sur toi un regard d'amour.
3. Ouvre ton coeur à l'un ou l'autre amis, choisis avec discernement. Fais preuve de maturité pour ce choix. Sonde leur ouverture d'esprit et de coeur. Choisis ainsi des amis qui ne te jugeront pas mais t'aimeront mieux, qui peuvent t'écouter sans prendre peur, te soutenir quand tu en as besoin, dont les propos élèvent.
4. Choisis un Père spirituel ou entreprends une thérapie si tu penses que cela peut-être bon pour toi. Là aussi fait preuve de discernement quand au choix du père spirituel ou du thérapeute. N'hésite pas à changer de personne si elle ne te convient pas. L'important c'est que tu te sentes entendu, compris et que cela te permette de dépasser la colère qui est en toi et d'avancer en t'aimant et en te recevant chaque jour comme une merveille aux yeux de Dieu. L'amour viendra guérir et apaiser beaucoup de choses en toi.

Blogs
Vous connaissez sans doute déjà le blog de Crocki qui écrit de temps à autre ici. Retrouvez-la sur : http://malicieusekiki.skynetblogs.be/
Pour ce qui est de Didyme, découvrez son nouveau blog sur : http://beauseigneur.blogspot.com
Il ne manque plus qu'à Mathieu, lui aussi, de mettre sur la toile un blog !
Voici les marques de mon amour pour toi !

Je n'ai rien d'autre pour te le prouver
que ces plaies aux mains, au côté et aux pieds.
Elles m'ont été infligées
parce que je t'ai aimé d'un amour fou,
sans mesure, hors mesure.
Laisse mes mains blessées
panser tes blessures.
Laisse mes pieds transpercés
déblayer un chemin devant toi.
Laisse mon coeur ouvert
aimer ta vulnérabilité.
J'ai donné ma vie pour toi !
- Jésus, parce que tu m'aimes
je donnerai ma vie pour toi.
Je n'aurai pas peur d'offrir
mes mains inaptes,
mes pieds défaillants,
mon coeur vulnérable.
(Oraison, 3 juillet 2008)
Venez quand même !
Alors le Christ dira : "Venez vous aussi ! Venez les ivrognes ! Venez les faibles ! Venez les débauchés !" Et il dira : "Êtres vils, vous êtes à l'image de la bête et vous portez son empreinte. Venez quand même, vous aussi !"
Et les sages diront, et les prudents diront : "Seigneur pourquoi les accueilles-tu ?" Et il dira : "Si je les accueille, vous les sages, si je les accueille, vous les prudents, c'est parce qu'aucun d'eux ne s'en est jamais jugé digne". Et il nous tendra les bras, et nous tomberons à ses pieds, et alors nous éclaterons en sanglots, et nous comprendrons tout, oui, nous comprendrons tout".
Dostoïevski.
Regarde-moi !
Dieu de Miséricorde
j'éprouve tant de difficultés à m'accepter.
Tant de choses me dérangent en moi :
mon impatience, mon agitation,
ma superficialité, ma susceptibilité.
Je te présente tout ce qui m'agace en moi.
Je crois que tu m'acceptes et que tu m'aimes comme je suis.
Tu ne me juges ni ne me condamne.
C'est moi, c'est mon coeur qui me condamne.
Je suis un juge intransigeant avec moi-même.
Mais si mon coeur me condamne,
je sais que toi Seigneur, tu es plus grand que mon coeur.
Tu m'aimes et cela est plus fort
que mon incapacité à m'accepter.
Je me présente à toi les mains vides,
mendiant de ton amour.
Ce vide intérieur, viens le combler par ton amour.
Tu m'aimes avec tout ce que je suis incapable d'accepter en moi.
Je sais que tu m'aimes et pourtant j'ai des difficultés à le croire.
J'aimerais parfois te cacher certaines facettes de ma personnalité,
que je ne veux pas voir moi-même.
Mais, cette fois, je veux tenter de le faire.
Regarde mon coeur !
Au creux de mon coeur se trouve ma vérité et je te la présente.
Regarde mon coeur !
Je ne veux pas te le fermer.
Je te laisse plonger ton regard
dans les abîmes de mon âme,
afin que, dans sa grande bonté,
il me transforme.
Que ton amour me traverse tout entier,
et me donne la force
de me considérer moi-même
avec bienveillance.
Je trouverai alors le courage
d'être bon envers moi-même
et de croire en ton amour inconditionnel.
Amen.
Petit rappel : un blog à trois voix
Plusieurs mails ou des conversations avec l'un ou l'autre d'entre vous m'ont fait prendre conscience que beaucoup d'entre vous lisent ce blog comme s'il n'avait qu'un seul et unique auteur. Il est vrai que la blogosphère gay ne nous habitue pas à des blogs à plusieurs voix. Mais voilà, ici il y a trois auteurs, bien différents, qui ne vivent pas la même chose et qui en plus ne pensent pas la même chose.
Depuis quelques mois, Crocki d'abord et Mathieu ensuite m'ont rejoint pour rédiger ce blog que je rédigeais auparavant tout seul sous le pseudo de Didyme (d'où le titre du blog !). Tous les deux sont des lecteurs de ce blog qui sont devenus des amis.
Ne confondez pas chacun des auteurs. La vie de Didyme n'est pas celle de Crocki et la vie de Mathieu n'est pas celle de Didyme. Les façons de voir de Didyme ne sont pas celles de Crocki, et celles de Mathieu ne sont pas celles de Didyme.
La différence est difficile à accepter en matière de foi en Dieu ou d'opinion par rapport à l'homosexualité. L'unité est bien souvent ce qui nous manque à nous chrétiens et à nous gays. Pourtant comme chrétien nous devrions être des hommes et des femmes de communion. Ici nous tentons la chose, certains que nous sommes, que malgré nos différences (bien réelles) et nos divergences (bien réelles elles-aussi), il y a une belle amitié qui se construit entre nous trois. Puisse-t-elle vous donner le goût d'écouter d'autres voix qui témoignent elles-aussi de Dieu et de son action en chacun d'entre nous.
Un anniversaire
Ce 11 juin la Reine Fabiola, l'épouse du regretté Roi Baudouin, fête ses 80 ans.
Bon anniversaire !

On cherche
Quand on se découvre homosexuel et qu'on est chrétien, commence la quête d'un chemin à prendre, possible, d'un comment vivre cette donnée particulière. On cherche alors des témoins, des personnes qui ont déjà fait un bout de chemin et qui peuvent, comme des frères aînés, montrer une lumière, dire quels pas sont faisables. On cherche un témoignage, véridique, humain, avec ses hauts et ses bas. On cherche quelqu'un qui a déjà débroussaillé un bout du chemin.
On cherche une parole, une parole qui soutient, une parole qui est reconnaissance de ce qui est porté ou vécu, une parole qui libère, une parole qui apaise, une parole qui donne vie. On se croit alors crapaud, et on a besoin qu'un ami, un frère, un père, comme par un baiser, révèle en nous le Prince caché.
On cherche un groupe, des gens à qui parler, des gens qui comprennent parce qu'ils vivent la même chose ou presque. Alors on fait connaissance avec Torrent de Vie, Les Rencontres fraternelles Aelred, La Communauté du Christ Libérateur (Belgique), Devenir Un en Christ, ... On y cherche des réponses à nos questions, une écoute, des pistes à suivre. On s'inscrit à un groupe de partage, on participe à des rassemblements. Chaque groupe a ses caractéristiques, sa théorie sur l'homosexualité, il y en a pour tous les goûts !
On lit des livres. On y cherche les mots pour expliquer ce qu'on ressent. On cherche chez Green ou chez d'autres. On regarde l'un ou l'autre films sur le sujet.
On cherche un site internet, un blog et parfois on en crée un, un peu par hasard ou alors parce qu'on a besoin de crier quelque chose, un j'existe ?, à la face du monde.




















